Éditorial

ASSEMBLÉE DU COMITÉ ÉDITORIAL
(Procès-verbal séance du 16.11.2018)

Présent·e·s:
Marc Monjou, Directeur éditorial
Daria Ayvazova; Corentin Brulé; Cléa Di Fabio; Marion Fraboulet; Samuel Gay; Elizabeth Hale; Laura Quidal; Kévin Zanin (90 %).
Excusé·e·s: Lorène Ceccon (à Paris); Camille Lamy (à Bruxelles)
Compte rendu de séance: S.J.

1. En lien avec l’exposition «La Table des négociations» proposée par le Cycle Design Recherche de l’ESADSE pour la XIe Biennale Internationale Design Saint-étienne 2019 «Créons un terrain d’entente», le Comité éditorial de la revue Azimuts réuni ce jour, a:
1.1 arrêté un titre pour le numéro 50, à paraître en mars 2019: «Négocier les futurs»;
1.2 établi le sommaire du même numéro:

a. éditorial
b. sommaire
c. entretien avec Aurélien Colson et Christian Thuderoz (direction éditoriale de la revue Négociations);
d. compte rendu du séjour de recherche en Chine d’Elizabeth Hale (CyDRe);
e. article de Cléa Di Fabio et Marion Fraboulet (CyDRe), sur la responsabilité
à l’égard des générations futures;
f. article du collectif Adel Cersaque (avec Nickie Sigurdsson), sur nos futurs alimentaires;
g. «traité», par le Laboratoire Désorceler la finance;
h. une nouvelle d’anticipation
de Ketty Steward;
i. cahier relatif à l’exposition du CyDRe «La Table des négociations»;
j. au titre de l’Anthologie: pré-publication d’un extrait de La Catacombe de Molussie (à paraître aux éd. L’échappée en 2020), roman de Günther Anders – précédée d’un article introductif de Christophe David, son traducteur, à propos de l’absence de futur chez Anders.
h. au titre de «Varia»: traduction française du manifeste «Disrepresentationism Now!» du studio Experimental Jetset.

2. étant donné le rayonnement international de la Biennale, le Comité éditorial s’est accordé à proposer la traduction intégrale en langue anglaise de l’ensemble des rubriques «Dossier», «Anthologie» et «Varia».

3. A priori: tous les textes anglais seront consignés dans un cahier.

4. La liste des comptes rendus a été arrêtée aux ouvrages et expositions suivants:

a. Le réalisme capitaliste de Mark Fisher,
b. L’écriture sans écriture de Kenneth Goldsmith,
c. Histoire du graphisme de Thierry Chancogne,
d. Mineure Vilém Flusser de Multitudes, par Anthony Masure et Yves Citton,
e. The In-discipline of design, d’Annie Gentès,
f. The Politics of Design, exposition
et catalogue de Victor Papanek (Vitra),
g. La manufacture du meurtre d’Alexandra Midal,
h. The Present of the Future
de Suzanne Witzgall et Kerstin Stakemayer,
i. Design for the Pluriverse d’Arthuro Escobar,
j. Design. L’imposture de Jacques Noël (controversé)

5. Pages de fin: colophon, droits, remerciements, communication Cycle Design Recherche.

6. Index? (décision différée).

7. Après délibération, le design graphique du numéro a été confié à Mathias Schweizer (dir.), Laura Quidal et Kévin Zanin (du CyDRe).

8. La traduction anglaise est confiée à Nigel B. «as usual».

9. 11h30: Visio-conférence avec Robin Bantigny (coll. Adel Cersaque), à propos de la contribution au numéro 50 de la revue. (compte rendu s/​le serveur).

10. Discussion (en fin de séance):
L’équipe éditoriale a souhaité re-discuter un point évoqué trop rapidement lors de la séance du 20 juin 2018, à propos du terrorisme écologique. Voici le rapport des échanges (établi à partir de l’enregistrement audio):

M.M. Il y a le terrorisme «écologiste» qu’on connaît, celui des militants «green», mais je me rappelle une histoire assez saisissante lue dans la presse en 2000: suite à l’annonce d’un plan social et très déçus par la tournure des premières négociations engagées avec leur employeur (…ou avec le Préfet, je ne sais plus), les ouvriers d’une usine de textile située dans les Ardennes avaient déversé plusieurs milliers de litres d’acide sulfurique dans la Meuse ou dans l’un de ses affluents.

E.H. et D.A. Non??

M.M. Si, si; et il ne s’agissait pas seulement de menaces proférées dans le cours de la négociation: les ouvriers étaient bien passés à l’acte, vous pouvez vérifier l’information.

E.H. et D.A. Oh!

M.M. Les faits avaient beaucoup choqué l’étudiant boboïde que j’étais – et ils me choquent encore aujourd’hui; mais au-delà du scandale écologique qu’ils constituaient à mes yeux (comme aux vôtres, j’imagine), l’idée du futur m’était apparue alors d’une manière nouvelle: la forme même du futur et non plus seulement son contenu pouvait faire l’objet d’une négociation, et même se trouver niée – d’une autre façon que les Punks avaient pu le proclamer à la fin des années 1970 avec leur «No Future!». Preuve que dans certaines situations, seul compte le présent, que parfois la promesse de lendemains qui déchantent ne vaut pas l’actualité du moment, même le plus misérable. Preuve encore que le futur n’«existe» pas absolument mais seulement sous certaines conditions matérielles, qui lorsqu’elles ne sont pas satisfaites, assignent le temps à la durée d’un présent dont l’éternité ressemble à celle de l’enfer.

Cette négation du futur comme forme, je l’ai retrouvée bien plus tard lorsque j’ai découvert l’œuvre de Günther Anders qui a théorisé la «négociabilité» du futur, mais dans un autre contexte que celui des luttes sociales, celui de la guerre nucléaire d’abord (Hiroshima et Nagasaki), puis étendu dans le tome II de L’Obsolescence de l’homme à l’ensemble des activités humaines. Ce texte-là a beaucoup inspiré nos réflexions pour le dossier du numéro 43 de la revue consacré à la fin (TEOTWAWKI)…

… Brouhaha.

Fin de la séance.

Sommaire nº 50
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